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De par ses origines tziganes, ce "Suisse errant" issu de la génération punk de la fin des années 70, a promené son spleen et sa mélancolie dans un univers musical tout d'abord très électronique. Rocker solitaire, il entreprend à la fin des années 80 un virage classique, entre quatuors à cordes et instruments médiévaux, n'hésitant pas à faire quelques expériences en direction de la world music.
Stephan Eicher naît le 17 août 1960 à Münchenbuchsee près de Berne, en Suisse alémanique. D'origine gitane, le père de Stephan est violoniste de jazz. Toute la famille est d'ailleurs musicienne puisque ses deux frères pratiquent également la musique, jazz ou rock.
Adolescent, il part pour Zürich où il intègre une école d'art. Il y pratique la vidéo, la composition sur ordinateur et différentes formes d'art avant-gardistes.
A 17 ans, il découvre la scène avec son premier groupe, les Noise Boys. Puis deux ans plus tard, il crée Grauzone, groupe techno punk, avec son jeune frère Martin. C'est l'occasion pour lui d'entrer en studio pour la première fois et d'enregistrer un 45 tours, "Eisbar", qui se vend à 500.000 exemplaires en Allemagne et en Suisse.
En 1982, il rencontre le groupe de filles Lilliput, avec lequel il tourne quelques temps en France et en Allemagne. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de son futur manager, Martin Hess, rencontre qui marque le vrai démarrage de sa carrière de jeune chanteur.
Après la sortie d'un mini album solo, "Les filles du Limmatquai", album autoproduit, Stephan Eicher sort son premier album fin 1983, "Chansons bleues". Féru d'ordinateurs, le "son Eicher" est, dès ses débuts, très caractéristique et très influencé par la musique électronique des années 80, de New Order aux Pet Shop Boys. Le succès est immédiat, même si cet album reste confidentiel.
Dès 1984, on peut le voir au Printemps de Bourges et, dès le 20 juin, il donne un concert aux Bains-Douches, célèbre boîte de nuit parisienne. Cette année-là, Stephan Eicher fait une autre rencontre essentielle, celle de Philippe Constantin, découvreur de talents et éditeur musical (entre autres de Etienne Daho, Starshooter ou Valérie Lagrange). Constantin (futur directeur artistique et PDG de Barclay, décédé en 1996), fait enregistrer à Stephan Eicher son deuxième album, "I tell this night".
"Two people in a room", premier tube
Le titre "Two people in a room" devient un tube, et en mars 1986, Stephan Eicher remplit la salle mythique de l'Olympia de Paris.
Sa voix et son style particuliers obtiennent un énorme succès en France et en Suisse, succès grandissant à chaque tournée que le chanteur entreprend. De plus, il écrit et chante en trois langues, anglais, français et allemand.
En 1986, l'album "I tell this night" est récompensé par le Bus d'acier, que la critique rock lui a attribué.
Rencontre avec Djian
En 1989, sort l'album intitulé "My place", ainsi que le simple "Sois patiente avec moi". Délaissant cette fois totalement les ordinateurs, Stephan Eicher s'entoure même d'un quatuor à cordes, ce qui déconcerte un peu ses fans de la première heure.
Sur cet album, on découvre les premiers textes du romancier Philippe Djian (auteur de "37°2") dont on retrouvera désormais les textes sur tous les futurs albums du chanteur.
C'est en 1991 que Stephan Eicher devient une star internationale avec la sortie de l'album "Engelberg", du nom d'une station de ski suisse où il enregistre le disque. Pour cela, il s'installe, non pas dans un studio, mais dans le casino de la ville, réaménagé pour l'occasion.
Ses textes sont comme à l'habitude en français, en allemand et en anglais, mais la surprise vient d'une chanson, "Hemmige", chantée en dialecte bernois, qui entrera dans les hit-parades européens. Mais c'est surtout le titre "Déjeuner en paix" qui bat les records de vente. C'est à plus de deux millions d'exemplaires que l'album se vend à travers le monde, dont une grande partie dans l'unique canton suisse de Zürich.
Les 11 et 12 janvier 1992, il donne deux concerts à guichets fermés à l'Olympia face à un public en délire.
Non ci badar
Durant l'été 94, Stephan Eicher donne cent quatorze concerts, qui serviront de matière première pour l'album en public "Non ci badar, guarda e passa" (Ne pas s'arrêter, regarder et continuer) qui sort fin 1994.
En juillet 1996, Stephan Eicher est invité au prestigieux festival de jazz de Montreux en Suisse, où il joue entre autres avec la formation tzigane de Roumanie Taraf de Haïdouks.
En décembre 96, sort l'album "1000 vies" enregistré entre l'Italie, la Suisse (chez lui à Lugano) et la France. Le premier extrait est "Oh Ironie", mais d'autres titres émergent dont "Forever", ballade soul à la voix haute, ou "Der Rand der Welt", en duo avec le Sénégalais Ismaël Lô.
Louanges
Trois ans après ses "1000 vies", Stephan Eicher sort un nouvel opus intitulé "Louanges", enregistré dans le casino désaffecté d'Engelberg (comme l'album éponyme). Les textes sont signés Philippe Djian.
Hotels
En juillet 2001, Stephen Eicher se produit sur la grande scène du festival de jazz de Montreux. C'est la première fois depuis 1984 qu'il y joue en solo. Le chanteur est pour l'occasion entouré de nombreuses formations dont un orchestre de quatorze musiciens, un trio tzigane et le Kaos String Quartet. Mais aussi ses vieux amis du Lost & Found Orchestra ou encore Paul Personne.
Ce concert annonce la sortie en octobre 2001 d'une double compilation en deux CD, "Hotels".
Début 2002, il écrit la musique du film "Monsieur N" de son ami Antoine de Caunes. En route pour l'Europe
C'est pendant l'été 2003 que Stephan Eicher sort son nouvel album studio. "Taxi Europa" revient à des sonorités plus rock bien qu'il donne aussi à écouter des chansons au tempo plus lent. Plilippe Djian joue une fois de plus les paroliers pour l'Helvète. Lequel d'ailleurs, dans cet opus, mélange allègrement différentes langues européennes, le français, l'allemand, l'italien. Des invités aussi prestigieux que la star allemande Herbert Grönemeyer, Benjamin Biolay pour certains arrangements, la chanteuse Maurane, le Suisse Tinu Heiniger qui chante en bernois ou la surprenante comédienne siffleuse Micheline Dax,se croisent sur ce disque aux atmosphères très changeantes de plage en plage.
Le 21 février 2004, Stephan Eicher est nommé dans la catégorie "Meilleure bande originale de film" à la cérémonie des Césars, à Paris, pour "Monsieur N.". Puis il conduit le "Taxi Europa" sur les routes d'Europe, passant par l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, la France (au festival de la Cornouaille, notamment, en juillet) : un voyage musico-cinématographique qui rassemble les publics autour d'un fond commun qui emprunte au rock, au folk, à la pop.
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